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jeudi 6 septembre 2012

De la joie de débiter des poncifs sexistes avec panache




Y’a pas si longtemps, avec monsieur Patate, on discutait de ce à quoi on aurait aimé ressembler si on avait pu choisir notre enveloppe corporelle dans un catalogue au lieu de dépendre bêtement des gènes parentaux. Parce que c’est vrai que c’est complètement con de se taper depuis des générations des phalènes à la place des ratiches, une silhouette de maître Yoda ou un nez en forme de samossa comme ton père, ton grand-père et le futur affreux rejeton que tu vas pondre.

Monsieur Patate il a choisi, lui :


Ce dont il est pas forcement si éloigné, si tu lui fais avaler du Pétrole Hahn et un meuble en chêne massif, en tout cas.
 J’ai hoché la tête en disant que bon, ok, c’est vrai, le taux de virilitude du monsieur ferait qu’il dormirait pas dans la douche. Ou alors qu’il se réveillerait en sursaut à cause que j’aurais essayé de lui faire des trucs (c’est fou ce qu’on peut faire avec une pomme de douche et un gommage au sucre).

Quant à moi, c’était évident, c’était elle :

Et là monsieur Patate il s’est complètement insurgé. Mais insurgé quoi… Comme le jour où j’ai dit que ça serait bien qu’on pense un peu à végétarianiser nos menus. J’ai bien cru que j’allais me prendre mon steak de soja droit dans le fondement, et en signe de rébellion il a menacé d'avaler un cervelas entier, avec la peau en plastique encore dessus.

Donc il a secoué ses petits bras tatoués en flamand (la vie de moi, c’est vrai, les textes sur ses bras c’est du BELGE) et il a commencé à parler vite et beaucoup et fort :
SOI-DISANT que Keira elle est hyper « girl next door », qu’elle est pas du tout sexy et qu’elle est trop maigre et qu’elle est comme un lapin, y’a rien à manger dessus et qu’il faut tartiner de moutarde pour que ça ait un peu de goût.
Il a dit que c’était pas un corps de femme, ou alors si mais morte depuis deux semaines.

Une femme, a-t-il dit doctement en tirant sur sa cigarette, ça doit avoir des fesses en forme de cœur.
J’ai pas tout compris à sa théorie mais j’me suis dit que s’il me pinçait la croupe en disant ça, je l’assommerais à coup de conserve de pâté végétal.

Monsieur Patate, il pourrait être président de la ligue des "droits du fion dodu et des os non-apparents". Pour lui, si ton cul il rentre dans la pièce moins de trente secondes après toi, c’est que t’es trop maigre, il aime pas les tendons, il aime quand tout est tracé au compas.
Soit. Je vais pas m’en plaindre parce que je suis quand même pas la dernière à reprendre du dessert.
Et puis j’suis plutôt d’accord avec lui. Au moins sur ce point-là, parce que sinon, ses goûts en matière de femelles sont plutôt TRÈS discutables (t’as pas vu son ex).

Donc il s’échauffait et son crâne devenait rouge avec une veine sur le front et il vitupérait « toi et mes collègues-femmes vous êtes pareilles : vous tripez sur la clique Portman, Knigthley et autres anorexiques du fond de culottes, là. Moi je trouve ça triste comme un steak sans frites et des frites sans mayo. T’as pas envie de les manger avec les mains, t’as envie de chipoter la fin de ton assiette. C’est comme les p’tites graines toutes sèches que tu manges le matin, là (mon muesli donc), ça donne pas envie. Voilà».
Mon professionnel de la métaphore filée à base de lipides avait parlé.

Alors j’ai dû lui donner des bouts de chorizo pour le calmer et expliquer plusieurs choses qui montraient qu’il n’avait rien compris aux femmes.
(Et heureusement, parce que j’ai aucune envie de le retrouver les deux mains dans une autre).

J’ai dit que :
1/ Tu vois une fille, quand elle dit d’une autre fille qu’elle est belle, c’est pas anodin, c’est un VRAI compliment :
- Ça veut dire qu’elle a calculé ton rendu général : proportions taille/mensurations + (taille des pieds x taille des mains - taille des dents) x (vêtements + chaussures) = silhouette de bonnasse.
- Et fait un ratio avec les détails : sourire/rire/charme/grain de peau/manucure/sac à main.
- Elle s’est imaginée te présenter à ses parents, à ses copines, balancer ta photo sur Facebook et mettre « en couple », t’embrasser sans maquillage au réveil et rire avec toi en se roulant dans un champ.
- Elle s’est figurée le mariage, les enfants avec tes yeux et son sourire, elle a accolé ton nom au sien et imaginé sa nouvelle signature avec ton patronyme.
- Elle a imaginé comment son ex serait TROP dégoûté si elle le croisait avec toi dans le métro.

Comme avec un gars, quoi, une étude minutieuse et virant légèrement à la psychopathie.

Et elle a tranché : cette fille est belle.
NB : si elle dit : « Putain, cette fille est belle, la salope », alors c’est qu’elle a aussi conclu qu’en plus, tu es plus bonne qu’elle-même.

Un mec, quand il dit « Ghnaaaaa. Jolie. Fifille. Ghnaaaaa. », c’est qu’il a vérifié qu’à peu de choses près, elle avait deux nichons et un cul en forme de cœur ou d’équerre, ou de bouchée à la reine ou que sais-je encore.
Et puis bon, hein, roule ma poule.

2/ Il y a cette fille au sport que je trouve carrément trop « BELLE-la-chienne-si-je-portais-le-jogging-comme-ça-je-me-mettrais-moi-même-des-mains-au-cul ».
Des fois je me retiens de pas la regarder mais sa peau de pêche, la vie de moi sur le Coran de la Torah, je voudrais l’empailler et en faire un doudou.
Bon et benh crois-le ou pas, cette fille a trouvé une excuse pour venir me parler et m’a dit que bon, elle espérait me revoir bientôt, et puis elle m’a lancé un regard de « si j’étais lesbienne, t’aurais déjà mes jambes en collier ».

J’accepte avec gratitude le compliment ultime que m’a fait cette bombe, je les accepte à chaque fois parce que cette anecdote m’arrive tout le temps.
Je suis un aimant à filles. Mon succès avec elles n’est plus à prouver. Malheureusement, j’ai quelques tendances tristement hétérosexuelles… Et malgré mes deux nichons (j’ai recompté) et benh mon succès est bien moins retentissant avec la gente canine masculine.

Hormis avec monsieur Patate, qui, on le rappelle, a des ex en forme de naine à moustache, alors bon, c’est vrai qu’à côté, avec mon mètre 70 et ma pilosité normale, je suis un peu l’« euro-million ».
Peut-être mon côté hommasse, un peu bourrue, ma toute-fabriquée-confiance-en-moi, ma grande taille, ma carrure d’amazone… Bref, mon côté Amélie Mauresmo version goth fait que je rassure les filles ?

En tout cas j’ai rien de Keira Knithley, donc monsieur Patate, ta conclusion est nulle et non avenue : une fille c’est plein de paradoxe.

vendredi 6 juillet 2012

Surfe sur le vogue.


Une fois n’est pas coutume, parlons d’un sujet tendance : le magazine féminin.
Je sais, c’est convenu pour un mois de juin, mais comme il fait un temps de novembre, ça donne un charme tout particulier au thème.

Pourquoi le magazine menstruel mensuel féminin ?
Je m’intéresse au sujet parce que moult blogueuses que j’admire-avec-les-yeux-qui-brillent-et-un-soupçon-de-jalousie s’insurgent régulièrement sur la bêtise crasse de ce qu’on peut y trouver.
Elles aiment pas beaucoup les torchons-à-grognasses, en général. Mais elles les lisent et ça leur picote la critique et moi j’aime bien le lynchage en règle, alors j’ai envie qu’elles en fassent d’autres et qu'elles crachent encore et ENCOOOORE.

Moi, par principe, j’suis toujours d’accord avec elles… parce qu’elles font ce que je suis incapable de faire : un vrai article critique avec des arguments et sans Monsieur Patate Frite dedans.
Elles sont convaincantes les vilaines, je suis sûre que certaines d’entre elles pourraient me faire bouffer de la fondue savoyarde ou écrire un article sur la sodomie chez les sexagénaires si elles essayaient (qui a dit « ou te sodomiser avec de la fondue savoyarde » ? Pervers à l'imagination fertile que tu es).
Alors je suis d'accord avec elles par principe, pour la forme, mais dans le fond, comme j'en lis jamais... je manque une part de la délectation attendue.

Car hormis les magazines de tatouages et, de temps en temps, un Closer dans les toilettes de chez ma belle-maman (qui sont décorées uniquement à base de grenouilles, un message subtil signifiant qu’en ces lieus d’aisance, tout est permis), je n’en ouvre que bien rarement.
Par contre, les magazines de tatouages, je les achète tous. Et ça fait rire le type du Relais H d’Opéra qui me balance un regard de connivence virile et un sourire goguenard qui signifie plus ou moins « tiens y’a la gouine-à-bottes qui vient se chercher ses revues de SM ». Jusqu’à la claque amicale sur le cul et le "T’aime ça ma cochonne", il n’y a qu’un pas.
Parce que je sais pas si tu sais, mais sur les mag’ de tatouages c'est toujours une gonzesse un peu pin-up qui étale son cul même si c'est son épaule qui est tatouée.
Peut-être même que, comble de l’humiliation, il me proposera un magazine de tuning d'ici peu.
Bref j’suis pas au point DU TOUT.

Pour parler de mon sujet, j’ai donc dû ramener à la maison un spécimen de « Elle » que j’ai récupéré au sport où il est gracieusement offert. J’ai d’abord laissé Monsieur Patate Frite le compulser du début à la fin, sinon je n’aurais pas eu la paix.
Parce que lui, contrairement à moi, il est très préoccupé par ces choses-là : les shampoings bio surtout, hin hin hin.

Déjà, je m’étonne que les blogueuses-que-j’idolâtre arrivent à trouver moyen de le « lire », moi je le commence obligatoirement par la dernière page, du coup à moins d’avoir un « Be » en yiddish je risque pas de biter un seul des articles.
Donc je regarde dans un sens, puis dans l'autre, et en bonne lectrice de roman, ces doubles/triples lectures, polices et couleurs sur une même page ça me file la germoulade et je dois me concentrer pour les lire.
Ma concentration s'arrête là, car pour lire les articles il ne faut pas être grand clerc.

Les articles… Parlons-en, enfin les suites de mots entre deux pubs j’entends, toujours la même rengaine que quand j’étais ado : régimes, les crèmes anti-peau de dindon, les grosses biatch.

Aaah, les régimes de magazine en 2 000 signes à base de protéines de pâquerette, de lavements à la poire et autres jeûnes pendant le solstice d’été.
Personnellement, je compte créer la "méthode O." : le don d'organes et l'amputation des membres inférieurs pour enfin rentrer dans son legging. C'est révolutionnaire : du jamais vu. Et ça fait des économies sur les chaussures.

Trop facile comme sujet pour un être perfide comme moi. De l’or en barre 0%, de la graine complète à mon moulin. Mais versons dans la facilité, y’a pas de raison.
J’imagine même pas combien de fois une femme qui a suivi toutes ces conneries à la lettre a pu perdre et reprendre le poids de la totalité de son corps.
Ce mois-ci, sans aucun problème de conscience ni aucun sens du ridicule, « Elle » titre : « Plus on mâche, plus on mincit ».
Moi je dis vivement le mois d’août, où j’espère lire « Plus on suce, plus on prend du nichon », ou au moins « Facilitez votre transit avec une plume dans le cul ».
Je peux même l'écrire, s’il faut
.
Les crèmes de jeunesse, elles, elles le sont vraiment, moi j'y crois. Tu peux les acheter en toute quiétude : un bébé africain mort de faim pour que tu aies ton essence de fleur du Kenya, un Asiatique de quatre ans pour la mettre en pot, un rat de deux mois pour la tester, une adolescente de 15 ans ukrainienne payée en roubles pour la promouvoir en 4x3… Ça fait une grosse moyenne d’âge qui a un cul de bébé, ça, nan ?


Et puis merde quoi, c’est « antioxydant »... Oui, "antioksiden"... Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que c'est le bien et que ça te permettra d'éviter le sac-à-plaisir sur la tête lors de ton prochain rapport sexuel biannuel...
ANTIOXYDANT = BAISE... En tout cas, pour une équipe marketing qui t’a chié ce terme pendant une biture avec deux chaudasses de l’école de médecine de Paris VI.
Tu savais toi que tu t’oxydais comme un bijou Claire’s… Dans ce cas, suffirait pas de te tremper la gueule 24 heures dans du Coca ? Je dis ça je dis rien.

Et les grosses biatch… Les grosses biatch… Mon sujet préféré.
Visualise : elles sont les quilles et moi la boule de bowling (ouais, je sais, c'est TRÈS imagé). Le strike.

Tu le sais, mon métier consistait, il y a encore peu, à faire de toi une fille horrifiée par son reflet ou un homme horrifié quand la « nana-qu’il-vient-pourtant-de-bien-s’amuser-dedans » se lève…
Oh, la belle existence professionnelle qu'a été la mienne : chez moi, c'est comme dans l'Exorciste, y’a pas de miroir sinon je vomis vert tellement j'ai peur de mon reflet.

Ouais mon chéri… La meuf parfaite sur laquelle tu te tires la craquotte, derrière, il y a moi et toute une équipe de non-biatch que tu serais horrifié de voir se lever.
Ne ricane pas en disant que tu sais bien qu’il y a deux/trois retouches, qu’elles sont pas vraiment comme ça… Joue pas les Illuminati, t’as rien compris à la Conspiration.

Sache, mon loulou, que sous mes ordres tyranniques, n’importe quelle Chantal Perrin devient Katy Perry. 
On n’affine pas : on rabote tout, on supprime des côtes entières, on tranche dans le lard de la cuisse pour en faire un travelo chinois.
On est loin d'être des dessinateurs de planche anatomique. Essaye de replacer une colonne vertébrale dans n’importe quelle silhouette qui sort de mon studio et admire. 
J’ai fait se suicider plus d’un ostéopathe, crois-moi.

Apprends que photographier une fille nue coûte plus cher qu’en sous-vêtements, alors on les prend en photo avec leur Sloggy et on leur rajoute un abricot en post-traitement. Si ça se trouve, la chatte que tu mates, c’est celle de ta mère.

Mieux : la plupart des femmes qui te font lever la choupinette, toi, monsieur, ou te font complexer ta race, toi, madame, n’EXISTENT pas DU TOUT. On prend des morceaux et on assemble, du "Dexter" à l’envers.
Cette femme n'est pas 1, mais 4 ou 5 filles internationalement pillées et découpées : sachez que vos jolies Occidentales, c’est aussi des peaux de Japonaises, des yeux de russes, des jambes d'Africaines, des dents d'Américaines et des cheveux d’Indiennes éclaircis et retravaillés sur Photoshop.
Si ce n'est pas une choucroute bouclée redessinée en 3D par un graphiste pressurisé qui mange du Mac Do’ et ne s'est pas lavé depuis 4 jours pour pouvoir faire mes corrections en temps et en heure.
Glamour, hein ?

Toi, fille, tu peux continuer à boulotter des Nut’s en toute quiétude, tu pourras bien manger Dukan (le diététicien en entier) et courir Laval-Carcassonne tous les week-ends, tu ne ressembleras JAMAIS une seule seconde à mes créations de Frankenstein.
Et toi, homme : ton spaghetti ne connaîtra jamais la parfaite biatch, si tu crois avoir trouvé le Graal, tu te tapes certainement un alien ou un brésilien, crois-moi.
Oui, tu peux noyer ta frustration dans la nourriture...
…
… Et benh naaaaaaaaan ! Tes pages recettes de fin de magazine (pas compatible avec le régime du mois, amour du paradoxe chez nos amies les rédactrices), c’est pas mieuuux : ta viande elle est vernie, ton fromage un prototype en plastique et la glace : de la graisse colorée au pigment.
Bah ouais ma paupiette : une glace sous les projecteurs, ça n'a jamais été autre chose qu'un milk-shake.
Tu croyais quand même pas que Ducros il se décarcassait à faire ses recettes ?
Tu es mignon.

La retouche n’est pas que dans ta culotte mais aussi dans ton estomac, la retouche c'est aussi et surtout dans ton esprit critique.
Je continue ou t'es gavé par ma morale hypocrite de Parisienne obsédée par son physique et les Twix ?

Allez, maintenant tu es gentil, tu vas lire un vrai livre sans image.
Ou lécher les vergetures des cuisses de ta meuf. Ça, au moins, c'est 100% élevé en plein air.

dimanche 1 juillet 2012

flemmasse.


Je pourrais te raconter comment je m’entraîne plusieurs fois par semaine comme une future championne olympique russe de vélo elliptique gavée à l’urine de marsouin gravide ; que je commence enfin à ressembler à autre chose qu’à de la gelée de gras de phoque et que depuis quelques temps, il m’arrive, par inadvertance, de rentrer dans des pantalons taille 38 (mal taillés, soyons honnêtes) comme on glisse avec un plaisir coupable sur son portable en mode vibreur.

Je pourrais te narrer Monsieur Patate Frite qui fait des concerts de musique dépressive avec des Belges mangeurs de graines et que, pendant des semaines avant, il dort les pieds accrochés aux tringles à rideaux et qu’il se dévore les ongles des orteils de stress, qu’il songe tous les jours à effacer tout ce qu’il a fait et recommencer, qu’il dort moins de trois heures par nuit, qu’il ne rêve que de se débarrasser de mon encombrante et ronronnante personne et qu’il bénit le ciel quand je m’écroule devant une série… Des fois même, il lance des petites cartes-cadeaux Séphora dans le couloir pour me virer de la maison et être tranquille.
Oh, je pourrais dire que même si mon homme fut l’abominable-Patate-des-Neiges pendant des semaines, ça vaut quand même le coup rien que pour sa ressemblance furieuse avec un fils caché de Pascal Obispo sur scène… Ne prends pas cet air dégoûté que tu aurais en lisant la recette du Viandox, tu sais que pour moi cet homme est l’équivalent d’un porno japonais pour un adolescent geek.



Je pourrais te raconter mes maigres qualités de « dessinatrice » (avec moult guillemets…), t’avouer que j’apprends avec douleur que mes idées n’ont pas toujours assez de suites pour aller jusqu’au bout de mon doigt, que mes lions ont l’air de vieux bergers allemands paralysés de l’arrière-train, et mes sirènes de thon saupiquet. Ce n’est pas demain que je pourrai taper à la porte de mon tatoueur pour lui demander de faire de moi sa femme son apprentie.

Je pourrais te narrer comment Hector LaFiotte a eu des puces (qu'il en avait évidement peur)et comment ma copine Faneliah m’a expliqué doctement qu’il fallait les décapiter avec les ongles. Résultat, ça a été un génocide de parasites que j’ai commis avec un air dégoûté et en susurrant « ta mère la puce, je vais te couper ta grosse mite » (deux jeux de mots de la pire espèce se sont glissés dans le paragraphe, sauras-tu les retrouver ?).

On pourrait aussi parler des heures de comment j’ai croisé l’ex par inadvertance dans un des six millions de bars qui existent à Paris (la poisse, toujours. Quand tu te ballades avec moi tu peux le faire le nez en l’air, c’est moi qui marcherai dans la merde), qu’il a tenté de faire un concours de bite avec mon Monsieur Patate en allant lui serrer la main très très virilement (ou très diplomatiquement, je ne comprends pas toujours les réactions des hommes). Très gênant, vu que mon chauve n’avait absolument aucune idée de qui il était.

Bien sûr, je pourrais te dire en long et en large que j’ai un nouveau travaillement où il est beaucoup plus difficile d’imposter. À cause des collègues sympas débordées qui chatouillent ma compassion et mes restes de conscience professionnelle (l’une est très stressée et l’autre très enceinte. Pas ma compassion et ma conscience, mes collègues. Faut suivre… Je sais que je suis pas un prix Goncourt) et aussi et surtout que ma nouvelle chef a un œil bionique et que je ne serais pas surprise qu’avec un seul coup d’œil elle puisse déterminer la couleur de ma culotte et l’état de mon pancréas.

Ouais, je pourrais…

lundi 28 mai 2012

Ma vie est un reportage Arte (en huis clos et sans rebondissement, mais avec une perception qui se veut originale, donc).




J’ai découvert qu’on avait Internet dans les toilettes. Ou plutôt non, je me suis inquiétée très fort sur le bon déroulement de la digestion de monsieur Patate Frite en espérant ne pas entendre des détails triviaux qui auraient tué tous les papillons dans mon ventre aussi sûrement que Fukushima a rajouté un troisième œil aux poissons du coin (t’as cru que c’étaient des œufs de lump dans tes sushis ?).
J’ai fini par lui faire avouer que dans les toilettes on pouvait voler sans aucun souci l’internet du voisin et que de son trône, il se gavait de clips de mauvais métal et de vidéos de chutes en skate, le tout grâce aux générosités de notre camarade de palier.
DES CHUTES EN SKATE ? SANS MOI ?
C’était presque une cause de rupture.

Je t’ai pas encore parlé du voisin, qui élève avec tendresse des plans de marijuana. À chaque fois qu’il ouvre leur berceau pour les nourrir, elles rotent leurs effluves végétaux à travers notre beau couloir rose. Il aurait pu donner dans le furet ou le rottweiler, tu me diras.

Olfactivement généreux, il s’emploie aussi à faire partager ses délices culinaires : trois fois par jour des steaks de putois qu’il grille consciencieusement à l’huile d’olive et au beurre (je crois qu’il les aime carbonisés).

Non content d’être présent d’un point de vue, hum… nasal, il s’évertue aussi à mal jouer de la guitare (ils se donnent le change avec ma Patate, une vraie symphonie) et s’engueule chaque jour avec sa morue, qui lui hurle dessus mais n’a jamais songé à se trouver un autre looser moins jaloux.
Après il claque la porte et va faire un tour. Et puis sonne des heures à l’interphone parce qu’avec toute l’herbe qu’il s’enfile, il a certainement oublié ses clefs. Et elle, pour le faire chier, elle ouvre pas… et dix minutes d’interphone c’est pire que les fausses notes à la guitare, crois-moi.
Un bonheur, ce type.

Autant te dire que j’ai peu de remords à lui sucer la bande passante.
Et puis s’il est pas content, je le dénonce anonymement aux flics dans un grand élan de courage bien français, qui en toutes périodes a fait ses preuves.

Bref, je t’écris de mes chiottes.
Je suis assise par terre sur le tapis de bain, où le chat hésite entre dérouler intégralement un rouleau de PQ (au jasmin, what else ?) et boire l’eau des toilettes.
Point de suspense, il finira par trouver un compromis et faire tomber le rouleau dans la cuvette et par se barrer en miaulant en prévention de la sèche qu’il sait qu’il va se prendre.

À côté de moi il y a un cendrier, un Be et un Oops, et, comble de l’hygiène, une brosse à cheveux.
Bien sûr, un seul de ces objets est à moi, et sachant que je ne fume pas et que je vis avec un « Monsieur Propre », tu devines aisément qui lit des magazines intellectuels tels que « Oops » à la maison.

Sache que le Be de ce mois-ci titre « ULTRA BEAUTÉ : une peau parfaite, des cheveux sexy, un corps pour la plage »…
… Et là je m’interroge sur ce qui a bien pu pousser monsieur Patate à prendre cet ouvrage…

À 24 ans, il a une peau de bébé, il est pas trop emmerdé avec sa crinière, et quant à la plage… Sachant qu’on part en Islande, ça m’étonnerait que cette année il tente le trikini.

Et puis en plus ça veut dire quoi, « un corps pour la plage » ? Il ne manquerait pas un mot genre « PARFAIT » ou « OSSEUX »?
Parce que chez Be, le reste du temps, ils n’ont pas de corps, ils sont purs esprits, tu vas me dire? Ou alors ils en louent un avec poils de belette intégrés pour l’hiver ?
J’ose penser que leurs journalistes ne sont pas des poètes frustrés.

Passer son temps dans les toilettes/salle de bain, c’est devenir humble devant l’existence et le temps qui passe, c’est la régression et le retour dans le ventre chaud de maman, c’est le retour aux fonctions vitales de base. Un coup de pchou-pchou aux pins et on pourrait presque parler de retour à la nature.

C’est aussi tenter de nouvelles expériences ; se défoncer le dos et finir allongée dans la baignoire à fixer les flacons de gel douche en se demandant ce que peut bien vouloir dire « énergisant et stimulant » pour un gel douche à l’herbe du tigre (après le gode, le Dove ?).
C’est aussi envisager de mordre dans le savon au caramel puis se demander si on est victime de troubles alimentaires, si ce lieu ouvre toutes les possibilités ou si on est seulement indécrottablement conne.
En même temps, quelle idée de mettre un truc BON dans un autre qui se MANGE PAS ? Encore un truc de marketing à la con, ça.

On peut même se rassurer sur ses capacités intellectuelles en refaisant cet exercice de maths qui demande de calculer la vitesse à laquelle on remplit une baignoire qui fuit, avec la preuve en image.
Et puis on réalise que la calculatrice de Windows ne nous servira à rien parce qu’on n’a jamais su le faire et que c’est pas maintenant qu’on a un portable et qu’on est en mesure d’appeler un plombier (ou son père) qu’on va faire l’opération.


Sans déconner, on voit le monde autrement quand on voit le dessous de la cuvette des toilettes et celle du lavabo. Déjà, on réalise qu’on est des gros dégueulasses et qu’heureusement, on ne reçoit pas tous les jours des nains à la maison.
Même pas je regarde derrière le lavabo, je sens que je vais ou vomir, ou choper une déclinaison rare du typhus, et rappelle-toi que dans mon hôpital de quartier les médecins sont meilleurs en porno des années 80 qu’en diagnostic différentiel.

On réalise qu’on dévore beaucoup trop de paracétamol : trois boîtes ouvertes dépassent du meuble à médicaments, tu sais, celui qui défie les lois de la gravité (encore plus que celui où tu empiles tes slips)…
Tu te rends compte que tu n’as jamais cessé de jouer au mikado, il suffit que tu tires sur un sachet d’aspirine pour que s’écroule cette tour de remèdes constituée à force de grippes, d’angines et de piercings infectés (enfin, pour les plus rock‘n’roll d’entre nous. Que celui qui a la peau trouée et que ne passe pas sa vie à s’oindre de Septéal me jette la première pierre… ou me donne sa recette).

Quand on passe sa journée dans la salle de bain, on peut même en faire un article…
Par contre, ça n’empêche pas de se rendre compte qu’on a envie de pisser une fois assise dans le bus… hum.

jeudi 26 avril 2012

Quand la Vitamine D prime.



J’ai toujours vu le corps médical comme une bande de martiens en blouses blanches venus étudier le corps humain et son fonctionnement, à la fois si complexe et si parfaitement crétin. Sous leur enveloppe de chair se cache certainement une créature bicéphale violette qui trouve ridicule de devoir s’arrêter toutes les deux heures de faire ce qu’il fait pour pisser/manger/boire/regarder un cul passer.
Ou alors comme une secte dont le gourou, avec son sceptre-bistouri, prône l’amour du paracétamol et du bain de pus.

Dans tous les cas, le principe même de devenir médecin me semble être un sacerdoce pour gens n’ayant pas toute leur tête ou toute leur humanité. C’est peut-être parce que je côtoie uniquement des médecins tarés.

Entre ma dermatologue qui rêve que je parte enfin dans un pays tropical pour lui ramener une maladie inconnue à base de vers dévoreurs de couenne (avec la chance que j’ai, je trempe l’orteil dans le Gange et je deviens le patient zéro de la peste ocytocinienne. Tant qu’à faire, autant qu’elle porte mon nom)…
… et mon dentiste secrètement amoureux de mon frère qui considère que :
1/ Une femme c’est fait pour souffrir : « vous expulsez des enfants, vous pouvez bien me cracher une dent ».
2/ Une femme piercée c’est fait pour subir le divin châtiment encore plus que les autres : « avec toutes les boucles que vous avez aux oreilles, c’pas une petite anesthésie qui va vous faire peur ». Si on considère qu’une seringue de 20 centimètres est petite. Effectivement.
3/ « La peau de votre frère est d’une douceur et d’une fragilité telle que je dois le garder plus longtemps sur le fauteuil… Il ne se plaint de rien LUI, c’est un AAAaaaaaAAAaaange. »

… Il y a aussi mon ORL vietnamien qui est toujours libre parce que personne n’ose l’appeler pour prendre rendez-vous : « Allô, je voudrais un RDV avec le docteur Von Truong… Heu nan… Tang Vuong, heu… Heu, bon, passez-moi le docteur Martin » et qui ressemble comme deux gouttes d’eau à ma mamie viet’.
Il a un accent de blanchisseur, mais quand il s’agit d’insulter son matériel, son vocabulaire est digne d’un bon charretier bien de chez nous : « Putain de bordel à queue, ça pèse un âne mort ! ».
Oui, je laisse cet homme me racler le fond du tympan et comme ça je ne rate pas une miette de son langage fleuri. Même lorsqu’il me dit que y’aurait de quoi illuminer le palais de Versailles avec ce qu’il y trouve.

Mais de tous, celui que je préfère, c’est ma généraliste.
Attention tonton Freud, prends ton Bic quatre couleurs et note qu’elle s’appelle comme ma maman, et qu’en soi c’est une bénédiction des dieux que de s’appeler comme sainte Frau O.

Cette femme me suit depuis mon adolescence ombrageuse et je ne l’ai pas vue vieillir, en effet, elle ne fait que sécher sur pied. Je pense que d’ici 40 ans je la retrouverai dans la section égyptienne du musée du Louvres.
C’est le stéréotype de la vieille fille maigrichonne et pas jolie qui ne porte que des chaussures anti-sudation et des jupes mi mollets. Elle n’a que deux gilets : un mauve (anciennement violet foncé) et un taupe (anciennement chocolat il me semble), en laine bouillie, of course.
Ces goûts vestimentaires valent ses goûts musicaux. Un fois, mon père est rentré à la maison dans un état de choc terrible, dans le cadre de son travail il a fait une réunion avec elle qu’elle a conclue par un morceau d’accordéon, son passe-temps sur les trois petites heures de loisirs qu’il doit lui rester par semaine en dehors de son cabinet.

Bref, c’est ma martienne préférée et c’est pas pour son physique. Quoique. Le jour où elle a mis une paire de boucles d’oreilles, j’ai été plus choquée que si elle m’avait reçue en jarretelles avec un fume-cigarette dans le cul.
Cette ode à la féminité m’a rappelé son statut d’humain, et pas seulement de docteur. C’était presque aussi obscène que croiser son maître hors des cours quand on est en primaire, on croit qu’il vit dans la classe et on ne peut pas admettre qu’à côté il ait une vie où il va à Leclerc acheter des cornichons doux avec 20% de produit offert.

Elle fait partie de ces médecins où tu irais comme tu irais faire du shopping : « il vous faut autre chose ? Paracétamol ? Doliprane ? Courgettes, mou pour le chat ? », et elle sort même cette phrase que toute fille normalement inhibée du frifri a envie d’entendre, et rien que pour ça je ferais Paris-Marseille pour la voir elle et pas une autre : « bon, je vous mets un an de prescription de pilule, comme ça vous serez tranquille ». Il est possible que je lui aie dit une ou deux fois que je l’aimais.

Elle croit aussi en l’auto-évaluation des besoins d’arrêts maladies et souvent les rendez-vous se transforment en négociations, dont je sors toujours perdante.
-        Je vous arrête combien de temps ?
-        - Heu… Jusqu’à vendredi ? Genre 3 jours ?
-       - Moi j’vous aurais mis deux semaines… Mais va pour 3 jours si vous sentez que ça suffit !
-       -  Eh merde…


Cette fois-là j’y allais pour faire mon certificat médical pour le sport. Un mois après voir repris. Pour être bien BIEN sûre que si j’avais dû faire une crise cardiaque, elle serait déjà faite. Je vis dangereusement moi.

Et encore une fois je suis surprise qu’elle ne s’offusque jamais de rien qui sorte de ma bouche, voire elle semble goûter mon humour.
-        64, c’est bien c’est un cœur de sportif…
-        Nan c’est un cœur de mégère qui ne s’en sert pas beaucoup.
-        Hihihi pas d’amoureux en vue ?
-        Si, mais c’est le seul pour qui il sert. Pour le reste je préfère user de la bile.
-        Bon bah vous reviendrez me voir quand vous aurez un ulcère, hihihihi.
Cette bonne humeur permanente alors qu’elle vit au milieu des mouchoirs sales et des diarrhées aigües reste pour moi un mystère… comme est pour elle un mystère le comment on attache mes chaussures.

Elle croit aussi à fond aux bienfaits de l’homéopathie et me conseille régulièrement des cures que même un diplômé de polytechnique ne pourrait pas suivre : « alors celui-là tous les 6 jours et ça 2 fois par semaine. Celui-ci… Disons toutes les deux semaines et enfin ça... Et benh une prise maintenant et la prochaine dans six mois ». Elle semble très satisfaite de son bousin jusqu’à ce qu’elle remarque mon regard torve de fille qui se nourrit à l’huile de palme et aux colorants alimentaires et ajoute « oui bon peut-être qu’il vaut mieux le noter sur un calendrier… pour pas oublier ça serait plus simple ».
Ça fait quinze ans que personnellement je trouve plus simple de ne pas faire ses cures. Mais elle met tellement de bonne volonté que je lui laisse me prescrire ses petites gélules que je n’achète jamais.

Malgré son amour des médecines parallèles et de l’accordéon, elle est hyper stressée et plusieurs fois elle a été à deux doigts de tomber de sa chaise à force de faire des petits bonds.
Une fois elle a même jeté mon vaccin à travers la pièce, un mouvement nerveux qu’elle-même n’a pas vu venir, la seringue s’est fichée dans le lino de son cabinet, à quelques centimètres de mon pied. Elle aurait aussi bien pu me la planter dans l’œil. Elle m’a envoyée acheter un autre vaccin et cette fois, elle l’a fait tomber sur le pèse-bébé.
J’ai dit que je reviendrais un autre jour.
Je ne suis pas revenue et le vaccin pourrit dans une mare d’huile de poivrons confits depuis deux ans.

Malgré ça, je lui porte une confiance aveugle à elle et au troisième œil que sa vilaine frange beigeasse et sèche cache. En me tendant mon certificat médical qui me permettait enfin de suer sans risquer la rupture d’anévrisme, elle a hésité et puis elle a dit :
-        Votre maman m’ a dit… (Ma mère dit TOUT à tout le monde, la coiffeuse, ses collègues, les médecins, la sainte-vierge savent avant Maîtresse Gamelle ce qui m’arrive, et notez bien qu’ils doivent s’en foutre comme de leur première grenouillère à motifs) Votre maman m’a dit que vous aviez eu l’appendicite et une double otite et aussi que vous aviez perdu votre travail… Ça fait beaucoup.
-        Ah oui j’vous confirme c’est pas mon année…
-        Hum… J’vais vous mettre une petite prescription de vitamines D ça va vous requinquer !
Pour ma martienne championne de l’homéopathie, aucune déprime ne résiste à une bonne piquouse de vitamines D dans le fion… On a enfin compris comment combler le déficit de la sécu, là, nan ?

-        Ahahaha oui si vous voulez… Ça me filera pas un CDI et ça nous rendra pas le Congo, comme disent les Belges…
-        Et une petite prescription de 6 mois de pilule, hein ?
-        (Mes yeux se sont embués de larmes) Oh…
-        Renouvelable 6 MOIS !
-        Docteur, je t’aime.

Pour elle, j’irais vivre sur Mars et grâce à son open-bar à pilule, on vivra heureuses et on n’aura pas d’enfant.

mercredi 14 mars 2012

Les 11 questions auxquelles la terre entière a répondu sauf moi.

Céleste est une grosse morue, je ne le dirai jamais assez.
Elle fait partie de ces gens qui aiment afficher leur bon goût, leur classe et leur qualité de rédaction naturelle en toute bonne foi et en toute générosité sans s’apercevoir une seconde que ça te rappelle à quel point toi tu es une merde.
Je déteste cordialement Céleste.
Mais je réponds à son questionnaire, même si je sais que ça va lui faire de la pub et que vous allez aimer son blog bien plus que le mien.


1 Un super pouvoir ?
Pendant toute mon adolescence, j’ai rêvé de me transformer en bûcheron canadien dès que je posais les pieds dans le métro afin d’éviter de me faire lécher des yeux par les dégueulasses pervers en goguette.
J’avais pourtant un physique (in)gras mais mon air effarouché devait exciter ces porcs.

Aujourd’hui, je suis vieille et aussi engageante qu’un hibou Grand Duc qui va attaquer une souris (l’art de la comparaison, toujours). Il est marqué sur ma gueule que je suis prête à briser des os donc on m’emmerde BEAUCOUP moins.
Ou alors je suis ENCORE moins bonne qu’à 15 ans. Mais je ne préfère pas songer à cette éventualité.
Et puis, se transformer en bûcheron quand on porte des jupettes, c’est pas bien pratique, alors j’ai renoncé à ce super pouvoir.

Maintenant je souhaiterais plutôt faire tomber des bites ou faire brûler vifs des gens par le simple regard. En toute simplicité et en toute compassion pour la race humaine. Et puis c’est plus efficace.
Et sortir des billets de 50 euros de mes poches à volonté ça serait pas mal.
Et faire sécher le vernis sans accroc. OUI, ça c’est un super pouvoir. Si tu n’acquiesces pas en lisant c’est que tu n’as jamais mis de vernis.

2 Une phrase que tu n'as jamais osé dire ?
« Toi je te nique, je te sur-nique, je te contre-nique sur une poutre en chêne massif puis je te mets un claque pour te faire passer l’envie d’être beau et je te RE-nique. » Mais on ne peut pas crier que les hommes sont des gros dégueulasses et puis dire ça après, c’est pas cohérent.

Les autres ont tendance à dire que j’ai pas la langue dans ma poche et que je ne sais pas mentir ou me retenir, pourtant, croyez-moi, je suis à 10% de mes capacités de bitchage. Si je disais tout ce qui me passe par la tête, je serais déjà en train de sécher sur un arbre, pendue et engluée de goudron et recouverte de plumes.


3 Une grosse honte ?
Un space-cake mal digéré dont on me parle encore : le bad-trip du siècle pour moi qui chouinais que j’allais finir en hôpital psychiatrique et la grosse marrade pour les autres.


4 Un tic de langage qui t'exaspère ?
Parler « d’émotion » à toutes les sauces, ce mot a été dénaturé par le diable-TF1. Quand je vois le pack : « c’est tellement d’émotions » + une flaque de morve sous un nez en trompette en gros plan sur l’écran ça me donne des envies de meurtre Arte.

« Tu vois » ou « j’veux dire » à la fin de la phrase = une claque.
« Au jour d’aujourd’hui » = une frite sur la cuisse. Sans sommation.


5 Un gros mot ?
« Putain » que je lance beaucoup trop régulièrement pour tout et n’importe quoi.
« Ce connard » quand je parle de mon supérieur hiérarchique. Ça pourrait presque remplacer les points.
« Puteputeputepute PuuuUUUUuuuuuute ? » que je hurle dans la maison quand je cherche mon chauve.

6 Une réplique de film ?
« Dis, on t'a jamais appris à manger avec la bouche fermée toi ? C'est à toi que je cause hein ! J'ai l'impression d'être à côté d'un camion de poubelles qui travaille moi ici ! Connasse va ! C'est excessivement énervant d'entendre quelqu'un qui mange des chips pour celui qui n'en mange pas ! COMPRIS ?! Éducation minimum ! »

Je pense à celle-là mais on pourrait mettre le script de Dikkenek en entier.

 7 Une technique de drague vraiment zarbi ?
Dire que tu connais Jesu.
Nan pas « JésuS » le performer artistique/charpentier/super-héros, Jesu le groupe de post-rock.
Bon ça marche que sur les 0.00005% de la planète qui écoutent ce style de musique mais c’est pas grave.

Sinon, je suis follement classique : « moi vouloir toi, moi attraper toi par les cheveux… Enfin par le crâne ?... Heu ou par le col, chipote pas… enfin toi venir quoi, toi pas faire chier », ai-je dit à mon Chauve le soir de l’agression physique que j’ai commise sur sa personne.

8 Une destination de rêve ?
L’Islande.
Oh mais que vois-je ? Un billet pour Reykjavik… En juin… Pour moi ? Oh mais c’est trop gentil ça. Oh mais oui c’est vrai on a réservé hier soir.
Bon, pour me remettre de ces émotions je vais passer le week-end à Prague tiens, et puis en Avril je vais aller faire un tour à Londres pour pas perdre la main.
Hin hin hin.


9 Ton pseudo de hardeur/se (ton deuxième prénom + le nom de ton premier animal de compagnie) ?
Aurélie Mimi. Ce truc marche beaucoup trop bien.

10 Cigale ou fourmi ?
Fourmi. Rouge. Qui pique.


11 Ton idéal masculin / féminin ?
Poussez des hauts cris bande de nouilles, mais ça reste évidement Pascal Obispo.
Mais sinon je suis pas trop difficile, je peux taper dans le grand blond à brassard comme le bel éphèbe à peau sombre. Mais plus y’a de tatouages plus je suis contente. Bon, j’aime bien les types pas communs quand même, je dois reconnaître.
Finalement mon idéal ça doit être zombie boy.

Allez, j’arrête là la chaîne de la mort et j’emmerde personne avec ça.
Oh puis si tiens.
Faneliah, Charlottes aux fesses, Oror 404, Gentil Salaud, si vous me lisez, vous vous y collez.

Céleste, j’suis sûre que tes pieds sont moches. Au moins ça quoi...



mercredi 7 mars 2012

Les joies de la digestion.

Pour commencer, sachez que Frau Ocytocine, ma génitrice tyranico-mère poule adorée, est venue en ces pages et A COMMENTÉ un article. C’est aussi ahurissant que d’imaginer ton prof de philo de terminale en pleine partouze à Nouméa ou ta grand-mère te parler de ses cours d’« ultimate ».
Heureusement, ma mère croit qu’à chaque article je rouvre un blog, donc sa compréhension du machin est somme toute assez sommaire et on devrait limiter la censure.

Tandis que ma mère envahissait, tel un panzer bourré d’amour filial, mon blog rose chiotte et devait certainement s’offusquer de mon manque d’engagement politique en gloussant quand même un peu, c’est une autre mère qui nous recevait en ses appartements. Celle de monsieur Patate Frite.
BELLE-MAMAN. MY DEAR BEAUTIFUL MUMMY.

En bonne aigrie, je devrais détester ma belle-mère et en faire des articles haineux à la race.
Mais quitte à décevoir mes fans en délire et à rater un très bon article, elle est ce qu’on fait de mieux en matière de belle-mère. Disons que la seule chose qui m’angoisse un peu chez elle, c’est le fait qu'on finisse la bouteille de rosé en rigolant comme des hyènes, j’me dis que mon mec a pas trop trop résolu son complexe d’Œdipe.
Mais tant pis, je lui voue une affection particulière car elle m’a soumise à grands coups de régimes de gratins aux courgettes et autres merveilles gustatives, et je ne mords pas la main qui me nourrit. Si je n’ai pas de cœur, du moins ai-je, à n’en pas douter, un estomac avec une sensibilité et la reconnaissance du ventre.

Or, nous étions dans le coin de par chez elle dimanche, car musée intéressant il y a dans le coin. Et goinfrés nous nous sommes. Beaucoup.
Or, le musée que nous allions voir ne se prêtait pas vraiment à de telles débauches alimentaires avec option gâteau en dessert AVANT la visite.
Et APRÈS on n’aurait certainement pas eu envie parce que le musée en question est quand même un peu malmenant pour l’estomac donc APRÈS non plus.

En effet, depuis que nous nous connaissons, mon chauve et moi-même avons toujours dit que nous irions visiter le Musée de l’école vétérinaire de Maisons-Alfort, autrefois appelé Musée Fragonard.
Un endroit où qu’est-ce que dans l’ensemble t’as intérêt à avoir l’estomac accroché et à aimer fort le bouillon de légumes.

Deux ans plus tard, on a enfin réussi à se bouger le troufignon et à y aller. Vu le temps qu’on a mis à faire ça, tu devines que c’est pas demain qu’on va ouvrir le compte commun ou remettre les rideaux qui se sont cassé la gueule. C’était pourtant juste sur notre ligne de métro hein, c’était pas le bout du monde. Mais comme ce n’était déjà plus à PARIS mais déjà en BANLIEUE, je crois que ça a un peu effrayé nos petites habitudes de Parisiens.
Ce qui est bête, on aurait pu passer à côté d’un truc vraiment cool.

LE MUSÉE FRAGONARD DONC. T’as compris, ça bute.

Si comme moi tu es une grosse pointure en matière de peinture des derniers siècles (traduction : que tu sais que Léonard de Vinci n’est pas un personnage de Dan Brown, que Durer n’a pas fait que des pochettes d’albums et que Picasso n’est pas qu’une marque de voiture hors de prix), tu sais que Fragonard (Jean-Honoré de son prénom, en toute simplicité tu remarqueras), c’est le patronyme d’un peintre du XVIIIème rococo porté sur les scènes de genre et les petites culottes qui volent, un bourgeois fin de race qui a senti la révolution française passer très très fort dans son popotin.


Et si tu ne le savais pas, et benh maintenant TU SAIS. J’ai toujours dit que j’aurais dû faire des cours d’histoire de l’art revisitée.



Tout ça pour dire que le Fragonard dont je te parle présentement, c’est pas celui-là.
Mais son cruel cousin Honoré-tout-court. Il a certainement été privé du « Jean » après qu’il a tué un chat.
Car celui-ci a évolué loin des portrait érotico-nian-nian de son cousin, comment te dire… Bon, les petites demoiselles, il préférait les découper en morceaux plutôt que les faire rouler dans le foin. Et c’est ce qui fait tout son charme et sa réputation.
J’ai l’impression de te faire une révélation franc-maçonnienne de la mort, mais si ça se trouve tu connais déjà tout ça sur le bout des doigts. Le cousin Fragonard, il est connu pour ses « Écorchés ».

[Attention si tu lis ce qui suit, tu ne regarderas plus jamais une tranche de lard comme avant. À tes risques et périls, hein.]
Les écorchés sont des corps qui ont été « embaumés » grâce à une technique de conservation tout à fait particulière (et gore). En gros, voici la recette de notre préparation du jour :

- Imiter Dexter en enlevant tout le sang parce que ça tache la blouse et que ça fait du boudin.
- Injecter du suif de mouton mijoté à feu doux dans les veines plutôt que la cire utilisée jusque-là (qui a dit que le gras c’est pas bon pour la santé ?) avec un peu d’huiles essentielles parce qu’on est pas des porcs et qu’on aime bien quand ça sent bon.
- Enlever tous les morceaux en trop pour ne laisser apparaître que ce qui est lolant à regarder (genre le cœur et tout le petit bordel qui en sort).
- Faire une marinade avec de l’alcool, puis laisser sécher sur le bord de la fenêtre.
- Colorier les veines en bleu et les artères en rouge pour éviter qu’on confonde quand même, la encore on est pas des sauvages.
- Badigeonner de vernis pour pas que notre corps se fasse dévorer par la première saloperie de larve venue et que ca brille un peu bordel de bois.
C’est prêt, vous pouvez déguster chaud, froid ou en salade.

Fragonard, en plus d’avoir la qualité d’être un psychopathe de la meilleure espèce, avait un sens de l’humour tout particulier que je partage plus de 200 ans après.
Il trouvait ça un peu chiant les mecs allongés les bras le long du corps, alors il a opté pour un peu de fun.
- Vas-y que je te rajoute un cheval, que je reproduis des scènes mythologiques, vas-y que je te fais danser la gigue au fœtus et taper dans les mains aux singes… Que ça bouge un peu, que diable !
Et voilà le résultat :






Je t’en mets pas trop, c’est à voir en vrai et je ne doute pas qu’à la fin de la lecture de mon post tu sauteras dans la ligne 8 direction Maisons-Alfort.

Bref, Fragonard, c’était pas la moitié d’un joyeux drille et ça se voit. Je n’imagine même pas le nombre de touristas qu’il a collées à ses contemporains en montrant ses œuvres.
Il n’empêche que c’est très impressionnant à voir que benh tu réalises que des systèmes sanguins ou nerveux t’en vois pas tous les jours dans « 20 Minutes » et que ça vaut le coup de savoir comment que ça fonctionne.

Mais si Fragonard est clairement le clou du spectacle, le reste du musée n’en est pas moins tout à fait réjouissant. Autant la salle des écorchés est un vrai cabinet de curiosités, autant les autres salles sont baignées de lumière et peintes dans un blanc éclatant plus proche du musée de sciences naturelles, son charme est hors du temps et tout à fait reposant.



Moi non plus je ne pensais pas me dire « tiens si j’allais voir un musée d’anatomie et de pathologie et me passionner pour la digestion de la vache et penser ‘alors c’est ça la rumination… intéressant !’ » ni comparer deux mâchoires avec concentration et sérieux. 
D’ailleurs, si tu viens les mains dans les poches, y’a des chances que tu comprennes peau de nouille, fort heureusement tu ne décolleras pas de ton oreille ton audio-guide, qui déversera d’une voix douce les pires dégueulasseries propres au corps humain dans tes oreilles sans que ça te choque outre mesure.
Tu le prendras très certainement parce que tiens-toi bien, il est GRATUIT.
Si tu es un jeune puceau de moins de 26 ans, la place aussi. Par contre, si t’es une vieille carne bonne à te faire « vitriniser » avec le reste de l’exposition, tu débourseras 7 euros (que tu ne dépenseras pas dans une pinte de mauvaise bière d’un bar parisien aux prix exorbitants).


Le musée est divisé en 4 salles :

Le cabinet des curiosités.
Celle de « Fragonard le rigolard », comme on vient d’en causer toi et moi. Quoi que tu ne participes pas franchement activement à la conversation jusqu'à maintenant.

La salle d'anatomie comparée et de tératologie.
Et te voilà la main sous le menton, à t’émerveiller devant les différentes mâchoires d’animaux adaptées à leur type de nourriture de prédilection, il est possible qu’à ce moment-là tu te demandes, toi, jeune parisien, pourquoi ta bouche n’est pas mieux adaptée aux sushis, qui, soyons honnêtes, sont trop gros alors qu’on a même pas de couteau pour les couper.
Cela ne t’empêchera pas de t’extasier de comment la nature est bien faite…

… Quoique pas toujours, parce que la vitrine de tératologie c’est quand même la preuve que quand ça déconne ça fait pas semblant.
Bras en moins, jambes en plus ou double tête… Des fois ça fait un sacré bordel.

N’oublie pas que quand tu appelles ta biatch « ma sirène », tu lui dis qu’elle ressemble à ça.
La sirénomélie, c’est pas un compliment, c’est une dégénérescence.




La nature aussi fait des gribouillis quand elle est au téléphone, la preuve en images avec ce joyeux bordel osseux, ou comment naître avec la tête dans le fion (qui a dit qu’il y avait des limites à l’humour noir ? Pas moi).




La salle des squelettes
Je vais quand même pas t’expliquer ce que tu y trouves ?! Je suis sûre que t’es pas une buse à ce point. À moins que tu aimes Adam & Eve, dans ce cas n’y va pas, trop de culture ça va te faire des boutons.
La salle de pathologie
Dans son grand message d’espoir, la salle d’après t’explique que c’est pas parce que tu es né entier et à peu prêt correctement monté, avec tes 11 doigts de pied et ton allergie aux fraises, que tu vas obligatoirement t’en sortir.
Tu peux aussi calancher avec des infections, des microbes, tout un tas de merdasses qui peuvent te transformer en mikado osseux et dont on trouve un panel tout à fait représentatif sur la moquette des sièges de train de banlieue du réseau Île-De-France.
Ce ne sont plus les rats qui apportent la peste les gens, grâce à l’évolution, elle aussi elle se déplace en transport.

Spéciale cacedédi à cette vieille maladie qu’est la morve et qu’on se refilait entre humains et animaux (je veux même pas savoir comment mais tu sais la proximité, la chaleur des corps, toussa toussa), bref, la morve est une maladie affreuse qui te couvre de bubons dégueulasses pire que mon acné quand j’avais 14 ans. Je n’ai pas pu m’empêcher de me marrer quand mon audio guide m’a susurré : « attention, pour en savoir plus sur la morve, appuyez sur le bouton jaune ».

Et bon appétit bien sûr.