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lundi 8 octobre 2012

Ver(sus).



Je me suis toujours foutue de la gueule de monsieur Patate parce qu’il a peur des insectes.
Déjà parce que toutes les raisons sont bonnes pour me foutre de lui. C’est vrai.

Ne le plaignez pas trop et surtout ne pensez pas que je suis la seule à passer mon temps à ricaner sur le dos de l’autre. 
Tenez, à chaque fois que j’ai une nouvelle fringue, il me dit que j’ai l’air d’une lesbienne qui s’ignore et à force, croyez-moi, ça fait se poser des questions. Il m'appelle plus souvent " Gérard" que "ma puce".
Et quand on nous demande comment on s’entend depuis qu’on vit ensemble, il se met derrière moi et il chuchote « sauvez-moi » en imitant un type qui se pend. COMME SI JE VOYAIS PAS.
Du coup, hein, j’me venge.

Il est vrai que je pourrais quand même fermer ma grande bouche parce que si tu mets un Furby ou n’importe quel automate dans la pièce, je te fais immédiatement une descente d’organes.
J’ai une sainte horreur des jouets qui bougent tout seuls, résultat d’une enfance passée au-dessus de la ligne 7 du métro et de ses vibrations qui faisaient bouger les jouets dans ma chambre.
Ou alors c’était pas le métro, c’était des êtres maléfiques qui réveillaient mes saloperies de poupées parlantes ? J’avais peut-être déjà vendu mon âme au diable, je n’ai pas attendu ma première soirée arrosée comme je le pensais, cette fois en Irlande où j’ai bu trop de Guiness et où j’ai rencontré ce jeune guitariste et où...

BREF.
Monsieur Patate a peur des insectes.
J’ai eu un premier aperçu de ses talents de couineuse le jour où on a croisé un cafard new-yorkais qui avait traversé Broadway dans la largeur sans se soucier de ce qui se trouvait sur sa route. À savoir : un pied de touriste allemande dans une tong.
La dame a beuglé comme une saucisse au curry et on s’est dit « On est encore tombés dans une fusillade, ça fait deux dans le séjour ». Mais en fait nan, c’était juste un cafard pas poli.
Un cafard, il est vrai, élevé aux doughnuts et aux carbohydrates de cheeseburgers, et qui devait faire ses séances de pectoraux tous les matins après ingestion d’un Latte au Starbuck du coin. Un cafard « Eastcoast » qui aurait pu porter une casquette. Une petite casquette sur sa tête de cafard de 3 centimètres.

Monsieur Patate s’est exclamé après avoir grogné-couiné-gargouillé : « Putain t’as vu la taille du machin, il était comme ça ». Et il a montré avec sa main la taille d’un steak de cheval.
J’ai jeté un regard dubitatif. Et ce ne fut que le premier d’une longue série, car au cours des nombreuses fois où il a raconté cette anecdote, il a grossi la taille de notre « eastside cockroach » de 5 centimètres à chaque fois.
Je me suis dit que d’habitude c’était plutôt sur des mesures autrement plus intimes que les hommes abusaient, alors j’allais pas me plaindre.
Au bout d’un mois, le truc avait quand même la taille d’un doberman. C’est fou ce que les phobiques exagèrent.


Perso, je me suis toujours vantée de ne pas avoir de peurs particulières ; ok, j’aime pas trop les jouets qui bougent et les bêbêtes, mais de là à aller me vider de mes intestins à la première patte velue qui passe... Y’a un monde. Du coup, j’aime bien dire que les phobiques sont hystériques.

Ouais ouais, le terme que tu cherches c’est bien : « connasse incapable d’empathie ».
Mais rassure-toi, comme à chaque fois que j’ai le malheur d’avoir un avis que je sais légèrement rétrograde, le sort se charge de me montrer à quel point je suis une beauf intolérante.
La connaissance par l'expérience. La sagesse à la fin. Je vais finir par atteindre le Nirvana à ce rythme-là.


Nous rentrions à la maison dimanche, monsieur Patate et moi-même, les bras chargés de courses qui n’étaient absolument pas sur la liste que j’avais de toute façon oubliée.
Je suis allée poser mes paquets en pestant que putain, on était quand même des gros Jacquouille à avoir ENCORE oublié le dentifrice. Alors que, hein, les Dinosaurus en format familial, jamais on les oublie.
Et là, sur la plaque chauffante, je vois un… ver.

Un p’tit truc dégueulasse qui se tortille comme s’il avait la Macarena qui tournait en boucle dans sa tête (ce qui serait triste pour lui, quand même), 15 millimètres. Blanc. Moche. Actif. VIVANT.
Première chose que je me dis, c’est « beurk », tout en lui javellisant la gueule sans une once de remord ou de pitié pour sa famille et ses amis d’enfance.
À noter : quand tu asperges un ver de javel, il se transforme en petit truc tout dur qui ressemble à du riz.

J’informe monsieur Patate de la présence d’un immonde lombric dégueulasse sur notre cuisinière sans penser que, connaissant ses problèmes avec les p’tites bêtes qui mangent pas les grosses, j’aurais mieux fait de lui dire que je le quittais pour sa sœur, sa réaction aurait été moins violente.

Il a sorti la tête de notre mini frigo parisien qui explose dès que tu y mets deux sacs de courses. Il a d’abord sursauté comme si je lui avais vomi un seau d’asticots sur la tête, et puis il s’est repris.
Il a bien essayé de ne pas claquer des genoux, jouer le bonhomme de la baraque. Il me dit de sa voix qu’il veut grosse, viriloïde et rassurante « Tsss, c’est rien, ça doit venir d’un bout de viande qu’on a laissé traîner… » en reculant tout de même doucement vers la porte.

Tandis qu’il se porte stratégiquement entre la cuisine et le salon (pour montrer son soutien tout en évitant une attaque de cet animal ô combien agressif), je me mets à chercher le responsable, mais je ne trouve point de résidu de nourriture carnée alentour. Bizarre.

Je réfléchis à la provenance de ce vilain lombric dans la cuisine, qui tourne plus au steak de soja qu’à la côte de porc depuis quelques temps.
Toute personne normalement constituée aurait pensé : « un ver, comme c’est caustique, je vais nettoyer ma cuisine et il n’y paraîtra plus ! »
Nos grands-parents auraient pensé : « Chouette, un ver, des protéines, ça tombe bien j’avais plus de tickets de rationnements ».

Nous autres, enfants de la télévision américaine, pensons ceci : « Wop, putain de sa race de ragondin en leggings, y’a un cadavre à l’étage au-dessus et ceci est une pulpe d’arthropode nécrophage de moins de 3 centimètres, il est donc mort depuis 24 heures, appelez les Experts ».
Enfin, moi qui nourris une obsession libidineuse pour Warrick Brown depuis dix ans, j’me suis dit ça, et du coup j’ai levé la tête et j’ai vu…
Des vers…
Plein de vers.
La Macarena pour tous les vers. Une vraie boîte de nuit des années 90.

- Monsieur Patate… Ahem… Ma gerboise ?
- Oui ? T’es gentille, c’est bizarre. Qu’est-ce qui se passe ?
- Les vers… Ils… Ils viennent du plafond…
- Wop putain ! On pourrait pas plutôt échanger contre des hyènes enragées ? Je vis avec toi, je connais bien le sujet. Mais les insectes p’tain… C’est des créatures du diable, ça.

Et bon, autant les trucs qui rampent au sol, je gère, mais l’idée d’une pluie de vers dans MA cuisine, sur MES boîtes de Weetabix, la vie de ma race la pute en jupe Guess, je commence à comprendre que ça puisse en chatouiller l’angoisse de quelques-uns.

- Situation d’urgence, on garde notre calme et on ne se transforme pas en DEUX GROSSES PUCELLES (surtout toi). Qu’est-ce qu’on fait dans ce cas ? La première chose qu’on fait quand y’a un blessé, un mort, un génocide ? Concentre-toi bien monsieur Patate…
- … ?
- …
- J’appelle ma mère ?
- ÉVIDEMMENT qu’on appelle ta mère.

Belle-maman a donc sauvé la situation en nous expliquant que le plus probable, c’est pas le meurtre de sang-froid à l’étage au-dessus, mais plutôt des mites alimentaires qui auraient partouzé dans un bol de cacahuètes et qu’il serait bon de retrouver le paquet surprise et de faire un génocide de la marmaille miteuse.
J ai trouvé ça vachement moins drôle et décevant. Jamais je ne rencontrerai Warrick.

J’ai donc vidé les placards en flippant de tomber sur un paquet de chips grouillant de saloperies de larves.
Du bout de mes gants de vaisselle, je tenais les boîtes et poussais des gargouillements de bête apeurée en les jetant dans une grande poubelle que monsieur Patate tenait à bout de bras en insultant le principe même de diversité naturelle, Darwin, Dieu.
Il a fini par prétexter une urgence aspirateur pour s’exiler à l’autre bout de l’appart’.

Pendant ce temps- là, les larves au-dessus de ma tête étaient passées à du Ricky Martin (« un dos tres, Maria », fais pas genre tu connais pas. D’ailleurs maintenant tu l’as dans la tête), et la vie de sa race le tapir autiste, j’étais pas loin de l’hystérie susmentionnée.

Tout ça pour dire qu’on a jamais trouvé la source mitesque et :
- que je frissonne à l’idée de rentrer dans la cuisine depuis.
- Que je suis pas prête de remanger du riz.
Et que la prochaine fois que je me moquerai d’un phobique, jetez-moi un ver de terre à la face.



mardi 7 février 2012

Sincérieusement.

[Attention : Article à haute teneur en maladresse, psychologie de comptoir et pasdrolitude]


Je sais qu’en ce moment je te manque. Si si, je t’assure.
T’es pas en train d’écouter Hélène Segara en pyjama devant le poster de mon oreille que tu lèches en disant « Je veux être réincarné en coton-tige », t’en es pas tout à fait là.
C’est plutôt comme si t’avais oublié un truc : tes clefs, changer la caisse du chat, ta dignité dans les vestiaires d’un Club Med Gym. Ça te manque pas vraiment. Pas encore. Mais ça viendra.

J’aimerais y remédier. J’aimerais te parler de la croûte de fromage grisouille qui nous sert de neige et du froid qui te met une claque sur le cul à chaque fois que tu sors de chez toi, mais j’en ai rien à foutre.

J’aimerais te parler de mon anniversaire samedi, du génocide d’animaux en tous genres qui a été fait, encadrés, empaillés, naturalisés, figés et emballés dans du papier cadeau pour mon plus grand bonheur, de la paëlla divine faite par ma mère que je pourrais manger même sur la tête de Mallaury Nataf et de cette soirée géniale.


Mais j’y arrive pas, je suis toute bloquée. Parce que figure-toi que pour faire la « rigolade aux pépitos », faut être d’humeur. Et je ne le suis pas.

Au départ, l’idée, ce n’était certainement pas de faire du rouleau de PQ qui me sert de blog un journal intime. J’ai envie de te dire « raté », parce que tu connais tout de mon appendice pourri et de mon existence commune avec un chauve autiste.
Ceci dit, je n’avais certainement pas envie d’y parler des coups durs.

Le problème c’est que qui dit « tenter d’être drôle » dit « être observateur et sensible » dit « être dans l’incapacité notoire à ne pas se prendre le seau de merde en pleine tronche car toujours en première loge ».

Et dans la famille on a ce défaut : on est des cœurs d’artichaut, dans des corps de clowns cruels. C’est chiant d’avoir un coussin péteur intégré autant que le cynisme chevillé au corps, je t’assure.
Pour rester de glace, on s’emploie chaque jour à baigner le légume qui nous sert d’organe dans la vinaigrette. On souffre plus souvent qu’à notre tour alors qu’on n’aime pas tellement les épanchements, on doit trouver un moyen de survie.

Je sais pas si je suis bien clair mais disons qu’on ressemble à ça. Oui, à ça.




Une famille normalement constituée choisit d’exprimer ce trop-plein de sensations par les mots, les larmes, la morve. Nous on trouve ça trop simple, alors en plus de milliers de problèmes psychosomatiques, on se caparaçonne en n’aimant pas grand monde ET en faisant des blagues.
Et SURTOUT, on dit JAMAIS qu’on aime, des fois que y’aurait une pelleteuse qui nous tombe dessus ou un phacochère qui nous écrase si on le dit.
Tu dis rien, tu fais rien, tu pleures pas, tu RIGOLES, triple queue de nouille.
Même s’il faut rire quand on se trompe de nom à l’enterrement, même s’il faut parler de viol, de meurtre, de handicap, d’inceste, surtout s’il faut parler d’inceste. Il faut rire de tout entre nous.

Par contre tu chiales dans le train, quand t’es bien tout seul mais que t’as quand même un public. Affiche assurée.


Du coup, quand il arrive une merde à un des trois pelés qui a réussi à se faire un trou de souris dans notre cœur, et benh on est un peu comme des cons et notre mécanisme s’en prend un sacré coup derrière les oreilles.
Parce que oui, ça arrive, même quand t’as travaillé à avoir un sac de glaçons à la place du cœur, d’être désarçonné par quelqu’un, de te faire faire une prise de catch par trop de gentillesse et de tomber dans un état canin d’admiration, de langue pendante et gluante et de fidélité crasse.
C’est pas souvent mais c’est d’autant plus précieux.


Il y a cette fille dont je t’ai parlé : la Jeune Maman.
Je partage avec elle mes vertes années, mon adolescence boutonneuse, mon début d’âge adulte chaotique, l’amour de groupes tels que Syd Matters et Batlik et une aversion pour les contacts physiques (hors grossesse où j’ai passé 8 mois et des brouettes les mains collées à son ventre que je palpais comme de la pâte à pain pour sentir le môme qui refusait de bouger à partir du moment où j’étais dans la pièce).

Je partage avec elle son mec (tripotage de fesses inclus) et son fils dont je suis la malheureuse marraine (nettoyage de fesses non compris), j’ai la marque de mon corps dans le matelas de leur chambre d’amis que je squatte autant que le Séphora en face de mon boulot.
Tu penses qu’un jour je lui aurais dit à quel point tout ça compte pour moi ? Mon cul. Je crois qu’elle n’en n’a absolument pas idée.

Le problème c’est ça, c’est fondamental, j’aime cette fille comme une sœur depuis 22 ans et je me garde bien de le lui dire. Pas de chance pour elle, elle a choisi un type pas plus doué que moi pour les grandes déclarations.
Lui et moi on est faits du même bois, nous sommes de grands constipés sentimentaux qui cachons tout sous notre nez rouge. Lui, il triche encore plus, il a en plus cette assurance et cette sérénité apparentes que moi je n’ai pas et qui trompent encore plus leur monde.
Alors quand il décide de raconter, eh bien ça met du baume sur mes propres plaies… Et ça se passe de mots.

Je le laisse raconter son malheur, qui est aussi un peu le mien, parce que c’est plus pudique et plus juste.
Et puis je reviens.

mardi 20 décembre 2011

Article Sang


Monsieur Patate Frite,

Si j’ai commencé le blog c’est de ta faute, c’est toi qui m’as poussée à grands coups d’Adidas à me lancer.
Comme d’habitude j’ai aboyé mais j’ai fini par faire comme tu disais tout en m’interrogeant sur tes motivations profondes.
Je me suis dit que c’était parce que tu étais séduit par mon humour ravageur, que mon talent t’éblouissait et que tu voulais m’exhiber à tes potes (c’est sûr que c’est pas avec le cul que je me paye que tu aurais pu faire des jaloux) et dire « elle est bonne ma femme hein ? ».

Après j’ai compris que c’était pour avoir la paix et ne plus m’entendre inventer des chansons du type « Répartition anarchique de la pilosité sur ton corps » ou « Aime-moi ou je te défonce » pendant que tu bossais très sérieusement.
Le blog c’était la porte de ton paradis silencieux… Tu as tout fait pour que je m’y mette.

Tu as même poussé le vice jusqu'à créer ma page rose P.Q. de tes blanches mains.
Parce que je suis malpolie, je ne t’ai pas remercié. D’ailleurs tu ne le méritais pas, tu voulais mettre du gris en image de fond, comme tout bon Directeur Artistique qui se respecte.
Du coup, c’était plus un blog à conneries mais une page pour les pompes funèbres où trois morts = une crémation gratuite que tu voulais me faire faire. Mais j’ai tenu bon et su imposer le mauvais goût qui me caractérise.

À cause ou grâce à toi, le blog est né et tu t’es cru enfin débarrassé de moi.
Naïf que tu es. Tu t’es vite rendu compte de ton erreur. Le blog c’était le début des emmerdes mais tu as agi avec philosophie.
Tu as créé un monstre rosâtre bavant, crachant et ronronnant et tu as assumé, tu as même fini par gratouiller les oreilles piercées de l’horrible Ocytocine (qui n’est quand même pas COMPLÈTEMENT moi) avec une certaine tendresse.

Parce que je suis une radasse (comme tu aimes me le rappeler souvent), j’ai étalé ici notre petit bordel privé sans que jamais tu ne t’en offusques ni que tu ne me censures (mais ça je sais que c’est parce que je ne parle pas de ce que tu fais avec les bouledogues anglais).

J’ai décrit ta serviette de bain rayée rose et crasse, qu’entre temps j’ai malencontreusement coincée dans le vide-ordures (ah bon je t’ai dit qu’elle devait être au fond du panier à linge sale ? Ah…).

J’ai raconté tes goûts alimentaires dignes d’un enfant de 4 ans, ton obsession pour les quiches et ta boulimie de Twix Top passées 23 heures. Et je serai là pour me moquer de ton obésité dès trente ans dans un article complet, tu peux compter sur moi.

J’ai décrit ton invasion de mon appartement.
Je me suis moquée de tes projets artistico-belges obscurs.
J’ai raillé tes ex-copines pas très jolies et un peu malformées (note pour plus tard : faire un article sur la « naine à moustache » ou sur la « sorcière au nez plat »).
Je me moque de ton crâne et des éternels absents que sont tes cheveux dans presque chaque article.

Je te fais passer pour le dernier des autistes.
Et toi ? Toi. Tu t’en bats grave la race.

Tu te contentes de me balancer un petit message sur Gmail de temps en temps en me disant « Tiens tu m’as encore bien fait passer pour un con sur ton blog huhuhuhu. On mange une quiche ce soir ? »
Ou alors tu dis « hin hin hin ouais c’est vrai que j’ai pas de cheveux, j’avais pas remarqué hin hin hin ».

Des fois tu m’aides même à être encore plus une grosse morue : « Regarde je t’ai trouvé des photos d’Alan Théo nu », ou « Je te file le lien vers le nouveau clip de Booba, vas-y lâche toi ».


Monsieur Patate Frite, je dois te rendre justice.
Tu es l’homme idéal et je tais toutes tes qualités : ta générosité dont j’essaie de ne pas trop profiter, ton humour décalé, ta patience devant mes crises de colère, ton soutien permanent, ton affection immense, ton talent à transformer un fichier vierge en œuvre d’art.
Oui mais j’allais pas en parler parce que c’est pas drôle.

Je profite de ce 100ème article pour te dire qu’aucun petit couillu ne t’arrive à la cheville et que je te dois entièrement ce blog dont tu es l’un des acteurs principaux.
Promis je ne regarde plus pas les petits culs dans la rue.


Monsieur Patate Frite, si par le plus grand des malheurs tu n’es pas l’homme de ma vie, je te remplacerai par Edouard Norton. Mais ça ne sera pas de gaieté de cœur.



mercredi 16 novembre 2011

Le jour où TF1 m’a fait réfléchir.

Chez moi, il n’y a pas de télé et j’en suis très fière. Ça me permet de jouer les intellectuels et de prendre un air à la fois hautain et désintéressé quand on me parle d’émissions de téléréalité que je ne connais pas.
Je ne suis pas de ceux qui s’écroulent chaque soir devant leur petit écran pour transformer sa cervelle en fondant au chocolat Gü, je lis des gros livres avec plein de pages dedans et pas un seul dessin à colorier.

Le mot que tu cherches c’est : connasse prétentieuse.

Rassure-toi, quand je me retrouve avec des cadors de l’information et que ça parle de conflit syrien ou de clivage gauche-droite, je suis tout autant à la ramasse. Mais cette fois je prends plutôt un air perdu et paniqué.

Bref, je ne regarde jamais la télé, sauf quand je fais des soirées « reportage misère humaine » avec mes copines tout aussi intellectuelles que moi. C’est en jogging à la propreté douteuse et à grand renfort d’huile de palme déguisée en cookie que nous nous vautrons dans la sous-culture.
En groupe, ça divise le poids de la honte d’autant et ça crée une loi du silence et une complicité dans le crime.
Bien sûr, on déguise ça hypocritement en étude anthropologique de nos contemporains, en second degré et en cynisme, mais au fond qu’on se le dise : le mélange « Confessions Intimes » et cookie premier prix, c’est bon.

Il y a eu cet énième reportage une fois, sur un couple de jaloux que j’ai particulièrement bien aimé. Mais pas jaloux genre : « oh lalalala c’est pas très bien de soupeser la nichonnade de la dame, vilain chéri !».
Nan là c’était de la jalousie à la sauce TF1/M6, la grosse jalousie qui tache et qui fait de l’audience avec gros plan sur la morve de type : « si cette vendeuse ne jette ne serait-ce qu’un regard sur mon mec (moche, soit dit en passant) en lui apportant son pantalon, je l’éviscère avec mes faux ongles et je dévore son gros intestin en chuchotant les paroles du dernier tube de Madonna ».

La jalousie, mes pâquerettes… La jalousie c’est le mal absolu, c’est la non-classe totale.
La jalousie est à la dignité ce que le talent est à Mélanie Laurent : parfaitement étranger.

Quand tu avoues de manière plus ou moins agressive à l’objet de ta jalousie ce que tu ressens pour lui/elle, tu te mets immédiatement en position de faiblesse et tu es sûr de perdre immédiatement la partie.
Surtout quand tu es une femme puisque tu passes pour une radasse (mais de toute façon, à partir du moment où tu desserres un minimum les dents et les fesses, c’est le cas alors te gêne pas) mais aussi et surtout pour une hystérique possessive. Et ce, même si la morue en question est en train de faire un massage de crâne à ton mec avec ses cuisses.
Quand tu es un homme, tu passes au mieux pour un type viriloïde, au pire pour un gros macho poilu. Ça va, c’est gérable il me semble.
Non je vais pas chouinasser sur les différences homme/femme. Te casse paaaas.

Mon conseil : reste classe en toutes circonstances, n’attaque jamais FRONTALEMENT celui ou celle qui drague ta biatch.
J’ai bien dit FRONTALEMENT, un petit croche-patte en haut des escaliers ou une bonne rumeur sur une MST purulente mal soignée n’ont jamais été classés dans tout ce qui est frontal.
Bien sûr, il ne faut jamais fumer Pupuce en public, toujours attendre d’être en tête-à-tête pour lui faire regretter le temps où il se servait des muqueuses de sa mère comme oreiller.

La plupart du temps, après une bonne douche froide et un bon footing tu te rends compte que ok t’as peut-être un peu abusé sur la parano, « over-react » comme on dit dans le langue de Michael Jackson et que ok y’avait peut-être pas de quoi te prendre 17 ans fermes pour émasculation avec une coquille d’huître.
Le self-control les mecs.
Je conseille.
Mais j’applique pas.


Malheureusement quand tu as autant confiance en toi qu’en un kleptomane dans une bijouterie et que tu te trouves aussi bien gaulé qu’une poutre murale, c’est un peu NORMAL que tu voies tout être humain correctement constitué un peu trop amical avec ta moitié comme la pire des menaces.
Difficile de se dire que Chéridoudouchipougnou qui est le centre de TON monde ne soit pas le centre du monde des autres.
Pourtant c’est une réalité : il y a certainement des gens pour trouver ton conjoint parfaitement pas-baisable.
Je sais, c’est fou que des filles puissent croiser monsieur Patate Frite sans faire une descente d’organes immédiate, moi aussi ça me laisse très dubitative.

À partir du moment où Chouchou ne réagit pas outre mesure aux avances de Miss ou Mister j’ai-hyper-chaud-dans-la-salle-de-jeu-viens-z’y-donc-y-baisser-le-chauffage-central, ma foi tu n’es pas censé réagir.

Dans le ‘outre mesure’ ne sont pas incluses :
- La négation offusquée : « Pô du tout, c’est pas parce qu’il a voulu voir si je portais des collants ou des bas qu’il est intéressé, lui au moins il s’intéresse au style, à la mode, au facheune, c’est pas un gros porc qui confond robe en soie et nuisette Etam. Plouc va. »
- La compassion mal placée : « Rooooh arrête, la pauvre, elle est moche comme un jour d’inventaire à Castorama, on peut bien lui donner un peu d’affection. C’est en tout bien tout honneur. »
- La fausse ingénuité : « Ah bon elle me drague, moi je pensais juste qu’elle fraternisait et que sa robe était un peu trop grande et que bon benh des fois les fugues de nichons ça arrive. »

Oui quand je parle de jalousie, je suis obsédée par la symbolique du nichon. Me demande pas pourquoi, j’en suis aussi étonnée que toi (« allô tonton Sigmund ? Comment ça « Encore vous ? »).


Il est évident que si ton +1 a tendance à aimer montrer ses belles plumes dès qu’une personne du sexe convoité rentre dans la pièce, ça n’arrange pas nos affaires.
Enfin si d’ailleurs, il ne te reste plus qu’à lui écraser la tête comme une biscotte jusqu'à obtention d’une poudre fine.

Il y a des nids à jalousie qui n’aident pas du tout à la paix des ménages : Facebook en est un exemple flagrant.
« MonMec et Chaudasse en Goguette sont maintenant amis ».
Faut pas non plus t’agiter un drap rouge sous le nez, on sait pas, y’avait peut-être des taureaux dans tes aïeux.


J’admire les gens qui ne sont pas jaloux, vraiment. Il y a des moments, quand je vois mes copines se rouler sur des types devant leur mec officiel sans que ceux-là n’esquissent le moindre mouvement de surprise ou de colère, j’hésite entre applaudir la qualité de leur self-control et hurler à leur aveuglement total.
Soit je dois absolument aller voir leur prof de yoga, soit éviter à tout prix leur ophtalmo.

Ils ont quoi dans la tête les gens pas jaloux ? Du mou de veau ? Ou assez de cellules pour trier, rationaliser et tirer le meilleur profit de l’information « je suis en train de me la faire mettre profond sous mes yeux » ?
Franchement, je suis incapable de le dire.

Et je te parle même pas de l’échangisme et autres couples libres du string qui s’en donnent à cœur joie dedans le pieu des voisins.
Dans l’idée j’suis pas du tout contre, surtout si c’est moi qu’on échange et si possible avec une bombasse de bonne facture à la croupe ferme, par contre l’idée qu’on approche à moins d’un poil de tête de mon Chauve, ça me donne des envie de génocide de tables de chevet (et de nichons. Bien sûr).
C’est fou comme on est plus tolérant avec soi-même hein. Parce que nous on sait que ça veut rien dire, on peut se faire confiance alors qu’à l’autre...


Bon ok c’est vrai la jalousie ça sert strictement à rien : que tu sois sur les dents à surveiller le moindre sms ou complètement détendue de la quéquette, que tu habites en couple ou à des milliers de kilomètres, dans tous les cas si tu dois te faire pousser des cornes format familial, ça ne changera pas beaucoup la donne.

Et puis, d’expérience, il me semble que c’est pas ceux qui en parlent le plus qui en croquent le plus. J’en connais quelques-un(e)s qui adoooooorent commenter les histoires des autres mais qui ne sentent pas les propres odeurs de sécrétions étrangères sur les mains de leur tendre ami(e).
(Et là tous mes proches vont me torturer pour savoir si c’est eux dont je parle).
(Sors le chéquier, je ne balance pas sans contrepartie).
(Mais si tu ne ressembles pas à un cochon et que je t’aime bien, ce n’est pas de toi que je parle).

Ceci dit, c’est pas qu’une histoire de confiance en soi ou d’amour, la jalousie. Quand une morue drague ton mec devant toi, c’est aussi une manière de te dire « Tiens j’ai tellement pas peur de te toi, je te chie tellement sur la gueule que je m’en vais picorer dans ta gamelle DEVANT TOI ».
Se réveille alors en soi l’instinct primitif du chasseur à qui on a volé son lapin dûment décapité. Ne touche pas à ma pitance, voilà ce qui se cache derrière une jalousie de façade : un combat des chefs.

Finalement la jalousie, c’est rien d’autre que de la bagarre ancestrale pour de la viande, de la domination et du territoire, tu parles d’un noble sentiment amoureux toi, une histoire de bouffe et de survie encore.
Pour fêter ça j’ai fini le paquet de cookies.

Bref, ne regarde pas trop « Confessions Intimes » sinon tu vas finir par enfoncer des portes ouvertes et des mains au fond d’un paquet de gâteaux.

mardi 4 octobre 2011

Mi-plante verte, mi-graine.

La migraine, les enfants, n’est pas uniquement un moyen de contraception pour la ménagère de moins de cinquante ans, ce n’est pas qu’une filouterie pour éviter que son gros porc de mari la monte et la mette une nouvelle fois en cloque (stéréotype de beauf quand tu nous tiens), non la migraine ce n’est pas que ça. Même si c’est SOUVENT ça.



La migraine mon gars c’est aussi et surtout une fatalité.


Pourquoi je te parle de ça ? C’est parce que ça m’a cloué ce week-end et que c’est pour ça que j’ai pas pu t’écrire mes non-aventures et que mes stats ont chuté aussi fort que ceux de l’UMP.

Nan c’est pas vrai.
Pas complètement.

En fait, je faisais le phoque échoué sur une nappe au parc Montsouris au milieu des enfants bien élevés aux noms sublimes type Berthille et Augustin qui ne salissent pas leurs pantalons Petit Bateau et qui ne pleurent jamais.
« Mère je pense m’être fait mal, pouvez-vous y mettre de l’eau chaude, des bandages, je serre les poings en mémoire de ma lignée d’aïeuls combattants », j’ai cru qu’il allait dire ça le môme qui s’est vautré en roller devant moi.

Mes potes mataient les deux petites allemandes de devant en commentant de manière très peu diplomate et moi je gloussais la tête dans le gazon en digérant le pique-nique à base de gras de cochon et d’huile palme qu’on venait d’engloutir.
Ca allait quoi.

Et puis J’ai eu le malheur de me lever et tu vois… comment te décrire cette sensation… Disons que moi je me suis levée en temps 1 et que ma boîte crânienne a suivi en temps 2 et que mon cerveau, en temps 4 il était toujours par terre, la truffe dans le gazon.
Un petit vertige pour bien me punir de m’être levée si vite  m’a fait me rasseoir immédiatement. Et puis ma tête s’est mise à battre comme un cœur : popom, popom, popom. Je savais bien que quelque part j’en avais un, j’aurais préféré qu’il ne soit pas sous ma boîte crânienne.
Bref, la migraine de l’année qui vient avec les beaux jours (comme on en a pas eu jusque-là hein… je pensais être passée à côté) a déclaré la guerre en plantant son petit drapeau dedans mon cerveau malade et à directement commencé à creuser des tranchées.

J’aurais dû m’en douter que ça allait me tomber sur le coin de la gueule (c’est le cas de le dire), j’avais réuni toutes les conditions pour me taper une bonne céphalée de la mort qui tchue :

Bon déjà cette chaleur bien légitime pour un mois d’octobre amplifiée par la promiscuité du tramway rempli de jeunes kawaï, otaku de mes globes oculaires douloureux, à perruques roses et jupettes qui se rendaient au salon du manga. Mauvaise idée.
Ca sentait la sueur et le lolita Lempicka et ça piaillait en s’échangeant des posters de gamines de douze ans à gros nibards. Je serais pédophile, je lirais des mangas, tudieu.
T’avoueras que toutes ces couleurs et ce mauvais goût ça aide pas (mais je n’attaquerais pas une minorité déjà à terre) :




Ensuite les multiples petites vexations des jours d’avant :
- mon combat contre Bouygues qui  n’est pas décidé à venir nous installer la bbox mais qui est ravi de nous ponctionner le compte en banque ;
- la coiffeuse qui a fait absolument tout le contraire de ce que je lui ai dit et qui m’a transformé en petite fille de 6 ans qui sort de chez le coiffeur avant sa première rentrée des classes ;
- et enfin le charcutage à la pince que j’ai effectué pour retirer mon écarteur coincé dans mon oreille (tu sais le tunnel  disco à brillant rose qui me sert d’avatar) en m’arrachant généreusement un bout de lobe. A la Van Gogh.

Bref, tous ces petits riens ont déclenché the MIGRAINE le lendemain. Entendons-nous bien, je te parle pas d’un simple mal de tête, cette balade au Pays de Candy, je te parle de la migraine sa race la pute où tu n’arrives plus à parler, à ouvrir les yeux et où tu pourrais bien te coller du paracétamol en intraveineuse et en suppôt jusqu’à explosion de ton rectum, ça changerait QUE DALLE.

Quand t’es migraineux, tu rêves et fantasmes sur des choses bizarres, genre :


Ton rêve le plus doux du moment, être né comme ça.


Le cas ou tu as tellement mal que te taper la tête avec un pavé semble une douce consolation à ta douleur, un moment où tu as l’impression qu’une famille de piverts sous LSD te picore la substance blanche du cerveau.
Voila en gros ce qu’il se passe dans ta tête : http://www.youtube.com/watch?v=RLAWomWrKwU

Tu pourrais vendre ta mère pour un bain de bêtabloquant dans lequel tu pataugerais gaiement et te prostituer pour un nurofen de 4kilos et du silence. Du silence et du noir.



Bien sûr, le mal de tête hardcore s’accompagne de ses mignardises :
- aphasie : je peux demander trois fois l’heure à quelqu’un  alors que je veux un verre d’eau ;
- les frissons qui te font mettre un pull alors qu’il fait 30 dehors ;
- les raideurs dans la nuque, à côté Stéphane Bern c’est un rasta man ;
 - et les nausées….
Les nausées. Hum.

Tu vois je suis encore dans la situation « couplifère » où on ne pisse pas la porte ouverte et où on évite de se partager nos miasmes et odeurs corporelles diverses et variées.
Je ne veux pas finir comme mes parents qui font des concours de pets au petit-déjeuner. No way.

Bref je me suis retenue de vomir, longtemps. Un self-control dont je ne me pensais pas capable et ce jusqu’au départ de Monsieur Patate frite. Très fière de moi pendant toutes ses heures, je me suis promis de sauter la tête la première dans la cuvette dès que j’aurais un moment de solitude.
À peine avait-il fermé la porte que je me suis ruée dans les toilettes porte ouverte pour dégager mon estomac malade à grand bruits, prête à voir jaillir une fois de plus des petits pois que je n’avais pas mangé.

Heureuse, l’estomac léger, à défaut d’avoir moins mal à la tête, je suis sortie des toilettes et là, j’ai vu mon pauvre Monsieur patate dans l’entrée.
- Ma mère a oublié son sac… je…. Heu ça va ? Ca sent le … heu… vomi.

Les enfants, il y a pire douleur que la migraine, il y a  celle de la honte.